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16 octobre 2006

Fiche SANTE : La TOUX / Les affections respiratoires chez le cheval - Généralités La toux


Dessin original par : © Aurore Delaunay


La toux

Le cheval est un animal extrêmement sensible au plan respiratoire et les troubles qui l’affectent sont la deuxième cause d’invalidité chez le cheval de sport, derrière les boiteries.

Toute affection doit donc retenir l’attention de celui ou de celle qui a en charge les soins du cheval même si, généralement, elle reste parfaitement bénigne.

Les maladies respiratoires les plus sérieuses (comme la grippe, la gourme, anémie infectieuse relèvent le plus souvent d’une d’origine infectieuse ou bactérienne. Leur diagnostic précoce s’avère indispensable en vue de garantir l’avenir du cheval (tant sportif que sa propre survie).

Inutile, dès lors, de jouer les apprentis-sorciers : En cas de doute, faites simplement appel à votre vétérinaire !


Dans les cas les plus aigus, une complication peut même survenir avec apparition de diarrhées accompagnées parfois de troubles nerveux. Les sujets les plus fragiles peuvent même devenir "chroniques" avec une évolution de la maladie vers l’emphysème pulmonaire ou l’encéphalite.

Fort heureusement, ces exemples ne sont pas monnaie courante et la plupart des manifestations respiratoires qui affectent les chevaux restent bénignes ! La difficulté qu’elles soulèvent alors consiste à déterminer leur(s) origine(s), ce qui ne semble pas toujours très aisé à réaliser, de prime abord (toux allergique).


Dès l’apparition des premiers symptômes, établissez un examen clinique complet de votre cheval :

Matériel requis : thermomètre médical, stéthoscope

Symptômes :

- état général altéré ou non altéré
- manque d’appétit chez le cheval
- présence ou absence de fièvre
- toux d’apparition soudaine ou rechute après un précédent épisode
- toux sèche (sans jetage) ou toux grasse (avec écoulement nasal unilatéral ou bilatéral)
- toux au repos ou toux au travail
- auscultation pulmonaire inhabituelle
- accélération du rythme respiratoire (au repos)
- augmentation du rythme cardiaque (au repos)
- muqueuses congestionnées
- présence de ganglions

(Listez les symptômes évidents, avant l’arrivée de votre vétérinaire).

L’intérêt d’une telle recherche réside dans le fait que les éléments que vous déterminerez vous permettront d'asseoir un pré-diagnostic qui facilitera sans doute la tâche de votre vétérinaire, dans l’éventualité où il serait requis de faire appel à ses services.

Dans quels cas est-il, dès lors, recommandé ou même indispensable, de lui demander de se déplacer ?


En guise d’aide à la décision, vous trouverez ci-après un listing récapitulatif, à titre strictement indicatif, des différentes situations devant lesquelles vous pouvez être amenés à vous trouver :


* Toux d’apparition brutale + fièvre = infection bactérienne ou virale
PRÉVENIR le vétérinaire

* Toux d’apparition brutale + fièvre + jetage = infection bactérienne
PRÉVENIR le vétérinaire

* Toux d’apparition brutale + fièvre + jetage + ganglions = gourme
Risque de Contagion
ISOLEMENT + PRÉVENIR le vétérinaire (Urgence)

* Légère toux sèche en début de travail ou par temps froid =
premier indice d’encombrement chronique des bronchioles pulmonaires
(Pensez au risque d’allergie : "foin", "poussière")
Traitement d’appoint à court terme mais PRÉVENIR le vétérinaire sans amélioration rapide et sensible dans les 3 jours

* Toux exacerbée au box = obstruction chronique des bronchioles
pulmonaires
PRÉVENIR le vétérinaire (Urgence)


Dès lors que vous avez le moindre DOUTE dans l’établissement d’un pré-diagnostic, n’hésitez pas à faire appel à l’homme de l’art, en suivant le célèbre dicton populaire :
" Il vaut mieux prévenir que guérir".


Un des critères essentiel d’appréciation est, également, l’état général du cheval !


0 Etat général du cheval non altéré :

Si le cheval ne manque pas d’entrain, ni au repos, ni au travail, s’il a conservé son appétit et ne présente aucun signe de température, alors vous pouvez entreprendre vous-même quelques mesures susceptibles de ramener votre cheval sur les voies de la santé :


Prévention :

a - Vérifiez les conditions d’environnement du cheval :
Habitat non poussiéreux et aucun produit irritant à proximité du cheval

* entretenir les locaux du cheval dans un parfait état d’hygiène : éviter toute exposition du cheval aux poussières (proximité d’un manège, d’une carrière) ne pas tolérer d’urines "stagnantes", d’émanations d’ammoniac ou de tout autre produit irritant (térébenthine, peinture, essence, etc. ... sans parler des "risques d’incendie" qui leur sont inhérents) ;
habitat bien ventilé mais non "venté".

b - Vérifiez les conditions ‘usuelles’ d’entretien du cheval
(alimentation, travail et soins) :


- carnet vaccinal "grippe/rhino" à jour et calendrier suivi des prises de vermifuges (suivant les conseils du vétérinaire).
- supprimer la mise à disposition du foin (et si le problème persiste, supprimer la litière de paille elle-même, en lui substituant une litière de lin, par exemple).

- réduire l’intensité de travail de votre monture, voir la laisser complètement au repos.


Si ces quelques mesures ne donnent pas rapidement les résultats escomptés, vous pouvez toutefois (avec l’accord de votre vétérinaire) entreprendre un simple petit traitement d’appoint.

Vous trouverez donc, ci-après, un exemple de traitement d’appoint appliqué souvent avec succès chez des sujets dont l’état général n’était pas altéré ; toux non productive (toux sèche), étant précisé qu’ici aussi, cette information ne revêt qu’une simple valeur indicative et ne saurait, en aucun cas, remplacer les conseils de votre vétérinaire, ceux-ci restant indispensables dès lors que les symptômes révèlent un problème sérieux :

1) calmant contre la toux et les irritations
des voies respiratoires inférieures
(genre "BROPHYTON) : (bidon 2 l)
en administration orale (nourriture)
4O ml (matin et soir) pendant 1O à 15 jours.

2) mucolytique (fluidifiant) (type FLUBRON) :
(boîte 10 sachets) X 2
en administration orale (nourriture)
2 sachets / jour pendant 10 jours (20 sachets)


0 Etat général du cheval "altéré" ou "très altéré" :

Présence de fièvre, cheval abattu, perte d’appétit,

* toux "installée" ou "très prononcée" rendant impossible une utilisation quelconque du cheval (que cette toux soit d’apparition brutale ou la recrudescence d’une pathologie antérieure)

* auscultation pulmonaire faisant apparaître des "bruits" inhabituels, augmentation du rythme cardiaque, présence de ganglions.

CAUSES suspectées : grippe équine, gourme ou autres maladies infectieuses.

Procédez aux mêmes vérifications que précédemment concernant l’environnement du cheval, mais cette fois :

- mettez immédiatement votre monture au repos
(impératif dans ce cas) sous peine d’aggraver la situation.

- appelez votre vétérinaire au plus tôt.

Celui-ci, après avoir effectué une auscultation complète de votre cheval, établira un diagnostic précis de sa pathologie et entreprendra peut être même, dans certains cas, une recherche complémentaire (analyses de sang) en vue d’éliminer certaines causes annexes à la toux équine, telles que :

- le parasitisme (ascaris chez le poulain)

ou encore

- l'anémie infectieuse : maladie infectieuse dont il convient de ne pas ignorer l’existence. Elle trouve son origine dans les piqûres d’une "mouche piquante" (le stomox) et se propage également lors de l’utilisation d’un matériel d’injection qui n’est pas à usage unique (ce qui est à proscrire absolument) !

Il suffit de rappeler, pour s’en convaincre, que bon nombre de pathologies virales et infectieuses chez le cheval sont contagieuses et que le seul bon sens suffit à nous faire admettre cette règle d’hygiène élémentaire qui (malheureusement) n’est pas toujours suivie à la lettre dans tous les établissements équestres et chez les propriétaires de chevaux.

Dans la même optique, l’isolement du sujet atteint est également une règle primaire qui permet, d’une part, de limiter les risques de contagion, et d’autre part, qui concourt à un rétablissement plus prompt de l’animal affecté.


- La toux, suspectée d’origine "allergique" :


En ce qui concerne la "symptomatique" de la toux suspectée d’origine allergique, le flou subsiste souvent dans la mesure où les origines de cette manifestation pathologique sont diverses, conjuguées et parfois très difficiles à cerner.

Les conditions d’existence du cheval (environnement, travail, alimentation, soins), si elles sont convenables et conformes aux règles élémentaires d’hygiène chez le cheval, contribuent largement à écarter la survenue des pathologies respiratoires chez le cheval (voir au début de cette "fiche").

Reste sans aucun doute, également, un élément sur lequel on ne peut pas interagir de manière "curative" dans ce domaine, à savoir le facteur à proprement parler "biologique" du cheval ("carte biologique" et "facteur héréditaire"), comme chez l’Homme.

Voici toujours et à titre purement indicatif, un exemple de prescription établie par un Vétérinaire praticien spécialisé en médecine vétérinaire équine, prescription qui semble avoir fait ses preuves dans les conditions ci-après définies :
CHEVAL concerné :

* Toux suspectée d’origine allergique chez un cheval de 13 ans, en activité :

- cours : galops 1 à 6 : périodicité quotidienne 6 j / 7,
1 à 2 heures / j,
- ballade,
- endurance (épreuves toujours espacées d’au moins 4 semaines),
- mise quotidienne en paddock (1 à 2 h),
- pension box-paddock,
- alimentation traditionnelle,
- litière de paille,
- vermifuge systématique tous les 3 mois.

Survenue des symptômes :

Au début de la mauvaise saison (octobre : premiers froids),
ce cheval ayant eu quelques précédents, très espacés, présentait une toux non productive de type "irritative", se manifestant principalement en tout début de travail ou lors des périodes d’intensification du travail (travail au galop).

Température : 37, 5° C (pas fièvre)
Toux
Ecoulements naseaux clairs, peu abondants
bilatéraux-latéraux
R.A.S. à l’auscultation pulmonaire
Palpation trachée (réactive : déclenchement de toux)



= Diagnostic : trachéite et sinusite"

Prescription du Vétérinaire :

1) FLUBRON Poudre (bromhexine)
(Boîte de 10 sachets de 5 g)
= mucolytique
2 sachets / jours pendant 1O Jours (= 20 sachets,
soit 2 boîtes)

2) PEN-HISTA-STREP Injectable : 100 ml (en IM -IP)
= Anti-infectieux,
Anti -histaminique (anti-allergique)
(gamme "Vétoquinol", NDL)
20 ml en IM stricte pendant 5 jours.


(Note : attention l’I.M. stricte nécessite une certaine habitude (et des règles d’hygiène strictes : matériel à usage unique, désinfection, vérification que l’injection s’effectue bien dans le muscle et non dans une veine !)

A réserver au vétérinaire dans le cas contraire !


Astuce : Sur un plan pragmatique, il a été observé un bénéfice durable de cette prescription grâce à l’usage à la suite de celle-ci d’un médicament homéopathique :


Le CARPINUS (B.J.M) 250 ml (sirop) : il s'agit d'un dérivé de produits naturels constitué d’un macérat végétal... délivré en pharmacie et sans ordonnance ;


Il est à administrer quotidiennement dans la nourriture (dans du mash ou du son) à raison de 1 c. à soupe (soit environ : 10 ml / jour), jusqu’à la fin du flacon de 250 ml).


Ceci a pour effet de "consolider" par une protection douce et naturelle le traitement précédemment entrepris.


Voilà donc un sujet quasi-inépuisable en "médecine vétérinaire équine", sujet riche en enseignement pour la "recherche". Mais nous nous limiterons, en ce qui nous concerne, à des ambitions plus modestes : celles de garantir à notre Compagnon de Loisir une santé et un bien-être que nous lui devons bien !


© Fredilaine F.D.